Les
entreprises reconnaissent et
acceptent les fluctuations et
l’évolution des marchés. Si elles
sont proactives, elles parviennent
même à anticiper certaines
conjonctures en élaborant des
stratégies et des initiatives qui
leur permettent de créer un avenir
actualisé. Néanmoins l’évolution
n’est plus uniquement une affaire de
clients, de produits et de marchés,
car elle s’étend également à la
sphère de la main d’œuvre et des
compétences.
Avec
le départ massif des baby-boomers (nés
en 1946-1964) vers la retraite, le
ratio négatif de deux baby-boomers
pour un membre de la génération X
(1965-1981) et la montée fulgurante
de la génération Y (1982-2000) sur
le marché du travail, les
entreprises devront faire face à une
dynamique jamais entrevue auparavant.
Les générations se sont certes
côtoyées dans le passé mais l’impact
des technologies, de l’accessibilité
à l’éducation et à l’information,
sans compter les changements sociaux,
sera un facteur déterminant en ce
qui concerne les compétences, les
intérêts et les valeurs qui
marqueront la génération à venir.
Ainsi,
les entrepreneurs et les
organisations qui s’efforceront de
comprendre le contexte de chaque
génération et qui s’adapteront aux
nouvelles réalités seront les plus
performants. Attirer, garder,
maintenir du talent et construire
des ponts de collaboration entre les
diverses générations au sein d’une
entreprise sera une des clefs de la
réussite dans l’économie de demain.
Nos
perceptions façonnent en grande
partie notre expérience de la
réalité, et c’est d’ailleurs là que
doit débuter notre réflexion. En
coaching par exemple, j’ai souvent
l’occasion d’explorer le fond de la
pensée réelle d’une équipe de
dirigeants et/ou d’entrepreneurs et
de constater quel est leur niveau
d’ouverture. Leurs perceptions vont
de : «Les enfants-rois sont
paresseux, n’ont aucune loyauté et
ne savent pas écrire»… à… «Nous
n’avons aucune idée comment faire
face à cette nouvelle génération
tellement les temps ont changé».
Faire
preuve d’humilité en admettant ne
pas savoir reste la meilleure porte
d’entrée pour mieux comprendre dans
un premier temps, et dans un
deuxième temps, élaborer des
solutions novatrices face à la
mutation du marché des compétences.
On peut s’obstiner à ne pas
comprendre, à juger et à critiquer,
mais il demeure que la génération Y
est la plus grande force de main
d’œuvre en progression, quelles que
soient ses forces et ses faiblesses.
Jim
Collins dans son ouvrage De la
performance à l’excellence a
étudié pendant plus de six ans avec
toute une équipe de chercheurs ce
qui distinguait les entreprises qui
excellaient et se démarquaient du
peloton. Ils ont découvert qu'une de
leurs caractéristiques est leur
capacité de faire face aux faits,
aussi brutaux soient-ils, sans pour
autant perdre la foi en une issue
heureuse et même meilleure. Collins
a baptisé ce phénomène le «paradoxe
de Stockdale» en hommage à
Jim Stockdale, le plus haut gradé
des officiers américains qui a
survécu à huit années de captivité
dans un camp de prisonniers pendant
la guerre du Vietnam. L’étude de
Collins a démontré que les
entreprises qui étaient en tête de
peloton et qui finissaient par
prendre du retard ou encore qui
disparaissaient étaient celles qui
résistaient aux faits et se
cramponnaient à une réalité dépassée.
Pour
bâtir un pont entre les générations,
attirer et maintenir du talent de
grande qualité, il faut tout d'abord
comprendre le contexte. Tout comme
les études de marché nous aident à
comprendre les dynamiques d’une
industrie ou d’un secteur, connaître
les facteurs qui influencent les
attitudes, les choix et les
motivateurs d’une génération, peu
importe que ce soit celle des
baby-boomers ou de la génération X
ou Y, nous aide à mieux cerner les
enjeux et à mieux diriger. Cela nous
procure un avantage concurrentiel à
titre d’employeur, et peut même nous
conduire à envisager de nouvelles
pistes de développement, étant
stimulés par la connaissance, la
curiosité et l’ouverture d’esprit!
Sophie Tremblay dirige le groupe
Cohésion, une entreprise de coaching
spécialisée pour les PME. Grâce à
du coaching individuel et des
laboratoires de formation, elle aide
les dirigeants à développer leurs
qualités de leaders et de
visionnaires dans le but de bâtir
des entreprises florissantes et
prospères qui se distinguent par
leur expertise et leur ingéniosité.
En mai 2003, le Réseau des femmes
d'affaires et professionnelles de
l'Outaouais lui a accordé le titre
de Femme d'affaires de l'année.
Elle peut être jointe à coach@cohesioncoaching.com
ou
www.cohesioncoaching.com.