J'ai découvert le coaching assisse sur le bout d'un quai, les pieds dans l'eau et l'âme lourde.

J'étais brûlée! Je venais de terminer un contrat qui m'avait lessivée physiquement, mentalement et émotivement. 

Je dirigeais mon entreprise en organisation d'événements spéciaux depuis plusieurs mois et je commençais à regretter vivement mon choix.

Était-ce vraiment ça avoir une entreprise? Le stress, la pression, les longues heures, la liste à n'en plus finir de choses à faire, les attentes élevées des clients, la gestion de plusieurs événements simultanés, l'argent...Ma qualité de vie était quasi inexistante. 

Mon hôte me parla alors d'un ami commun, Pierre, qui était coach. C'était en 1998! Aujourd'hui, cela semble aussi loin que la création du premier micro-ordinateur pour la maison. Elle me fit lire un texte de Thomas Leonard, considéré comme un des pères du coaching et fondateur de CoachU (Coach University), l'école où j'ai finalement fait ma formation de base, d'une durée de deux ans.

Le texte était intelligent, plein de nuances et d'une immense clarté. J'ai eu un coup de foudre, comme une percée de soleil dans un ciel orageux.

En rentrant de mon weekend, j'ai appelé Pierre. Je lui ai dit que je ne saisissais pas exactement ce qu'était le coaching, mais que j'avais une vision et une série de problèmes à régler – pouvait-il m'aider?

Il m'a proposé de travailler avec lui pendant trois mois...et j'ai fini par travailler avec lui pendant un an et demi! La transformation était progressive, mais je constatais les changements positifs et cumulatifs.

Je gérais mieux mon temps et négociais plus habilement les clauses de mes contrats. J'arrivais à recadrer les attentes de mes clients avec diplomatie et réalisme plutôt que vouloir plaire à tout prix. Je prenais soin de moi. J'ai repris l'entraînement et profité de vacances bien méritées. L'épuisement s'estompait et j'arrivais à reprendre la barre plus rapidement.

Financièrement, l'entreprise allait bien et toute cette démarche à fait bondir de 30% mes revenus. 

J'étais « allumée » et surtout, j'avais retrouvé le plaisir de travailler.

Mais après des années d'organisations d'événements, j’ai réalisé que physiquement, je trouvais cela difficile. Je ressentais une certaine lassitude, et quand j'en parlais aux gens autour de moi, tout le monde me disait que j'étais dans mon élément. Donc pourquoi changer?  

C'était dur à expliquer, mais il y avait cette petite voix … ce murmure subtil et sans prétention qui se manifestait.  

J'en ai parlé à Pierre. Nous avons exploré le changement, ainsi que son impact sur ma vie et sur mon entourage. Pierre avait gardé des notes de nos premières rencontres. Lorsqu'il m'avait demandé quelle était ma vision pour ma vie, je lui avais dit que je voulais aider les gens à vivre avec passion, avec engagement et à savourer ce qui était beau et bon. Et tout à coup, les morceaux, se sont mis ensemble, comme un immense casse-tête.

Je lui ai dit — ce que nous faisons ensemble, c'est ce que je veux faire avec les gens.  Je n'oublierais jamais sa réponse : « tu serais super bonne parce que tu es pratico-pratique ». 

Ensuite, un immense chapitre s'est ouvert. La transition de l'événementiel, le retour aux études et le démarrage de mon entreprise de coaching à une époque où on vous demandait : vous coachez? dans quel sport? Nous étions seulement huit coachs diplomés au Québec. Des précurseurs. La vague n'avait pas encore pris ici. Il y avait tellement d'éducation à faire. 

La liste des défis ne s'est pas estompée avec le temps. À chaque nouvelle vague de croissance et de développement, il y a des compétences à bâtir, une perspective à élargir, des stratégies à renouveler.  J'ai la chance d'avoir une curiosité ardente et, avec les années d'expérience, un œil critique.  J'aime quand le tout repose sur une base scientifique ou du gros bon sens

Je suis adepte de l'expérimentation dans nos vies. C'est comme ça qu'on devient habile, confiant, astucieux. C'est comme cela qu'on donne du tonus à notre créativité et qu'on cultive l'ouverture d'esprit.

Je crois que chacun d'entre nous devrait s'investir à s'équiper d'un coffre à outils bien étoffé. Bâtir une entreprise, réaliser un rêve, concrétiser une vision, c'est certes stimulant, mais loin d'être de tout repos. Nous sommes confrontés à des obstacles. Nous devons grandir et évoluer en relevant les défis.

Il faut être équipé pour les moments difficiles — pour ne pas abandonner — et apprendre à savourer les moments de progrès et de victoire.  

Il faut savoir trouver la voix du coach en nous pour qu'elle nous accompagne au quotidien et nous guide dans l'inconfort de la progression.